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par Gilda Manolson dans
"Head to Heart"
(extrait
traduit et adapté
par Tsiporah Trom)
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Pour beaucoup d'entre nous, l'amour est un sentiment qui naît comme par
enchantement à l'apparition du Prince Charmant.
Il y a quelques années, j'ai interrogé un groupe de lycéens sur leur
conception de l'amour :
"Est-ce que quelqu'un pourrait définir
l'amour ?" ai-je demandé.
Ma question demeura sans réponse.
" Personne n'a envie d'essayer ? "
Toujours aucune réponse." Vous savez quoi ? Je vais proposer une définition et vous lèverez la main
si elle vous convient. D'accord ? "
Tous acquiescèrent.
"Très bien. L'amour est le sentiment que l'on ressent lorsque l'on
rencontre la bonne personne."
Toutes les mains se levèrent et j'ai pensé "Aïe!".
Voici comment de nombreuses personnes abordent une relation. Consciemment ou
inconsciemment, elles pensent que l'amour est un sentiment (reposant sur une
attraction physique et émotionnelle) qui se manifeste spontanément et comme par
magie, lorsque le Prince charmant apparaît. Et qui se désintègre tout aussi
facilement, quand la magie n'est plus là. On peut tomber amoureux et cesser de
l'être. Le mot clé est la passivité.
Erich Fromm, dans son ouvrage célèbre " The Art of Loving ", relève la triste
conséquence d'une telle méprise : "Il n'existe pratiquement aucune autre
activité ou entreprise que l'on commence avec des espoirs et des attentes aussi
élevés, et qui pourtant, échouent tout aussi souvent, que l'amour." (Il
écrit cela en 1956, il existe donc de grandes chances pour qu'il soit encore
plus pessimiste aujourd'hui.)
L'amour est le sentiment d'attachement, qui naît de notre
appréciation de ce qu'il y a de bon en l'autre.
Qu'est donc l'amour, l'amour vrai et durable ?
L'amour est le sentiment d'attachement, qui naît de notre appréciation de ce
qu'il y a de bon en l'autre. Le mot "bon" peut surprendre. Après tout, dans la
plupart des histoires d'amour, on ne présente pas les deux amants comme séduits
par les qualités morales de l'autre. ("Je suis captivée par tes valeurs !" lui
dit-il passionnément. "Et moi, je n'avais jamais rencontré un homme aussi
intègre !" avoua-t-elle avec feu.)
Pourtant, dans son étude sur les mariages réussis ("The Good Marriage : How
and Why Love Lasts"), Judith Wallerstein rapporte : " la valeur que ces couples
avaient attribuée aux qualités morales de leur partenaire fut une découverte
inattendue".
En ce qui concerne la vision juive du mariage, cette découverte n'est pas du
tout surprenante. Ce que nous aimons chez nous, nous l'apprécions également chez
les autres. D- nous a créé pour que nous voyions le bon qui se trouve en nous
(d'où notre besoin de relativiser, de regretter nos erreurs). De la même
manière, nous recherchons aussi le bon en l'autre. Une belle apparence, une
personnalité engageante, de l'intelligence et du talent (toutes choses qui ont
de l'importance) peuvent nous séduire, mais la bonté est ce qui éveillera notre
amour.
L'AMOUR EST UN CHOIX
Si l'amour naît de notre appréciation de l'autre, il ne se manifeste pas
uniquement par lui-même. Nous pouvons le susciter, nous pouvons le créer. Il
suffit de se focaliser sur le bon qui se trouve en l'autre (et chacun en possède
un peu). Si nous nous habituons à le faire, nous aimerons facilement.
Je me trouvais une fois à un concert privé, au cours duquel l'artiste, une
personne profondément spirituelle, regarda chaleureusement son public et dit :
" Je veux que vous sachiez que je vous aime tous. " " Bien sûr ", ai-je
pensé en souriant avec indulgence.
En y repensant, je réalise tout de même que mon cynisme était mal placé. Cet
homme voyait de manière naturelle le bon en chacun, et nos personnes lui
parlaient suffisamment pour qu'il puisse nous aimer. En fait, le Judaïsme
idéalise cet amour universel et inconditionnel.
Bien évidemment, la route est longue avant de parvenir à cet amour profond et
personnel qui se développe tout au long des années, surtout dans le cadre du
mariage. Mais voir le bien en est déjà le début.
Suzanne découvrit comment fonder l'amour, seulement après s'être fiancée avec
David. Quand elle téléphona à ses parents pour leur annoncer la bonne nouvelle,
ils furent enchantés. A la fin de la conversation, sa mère lui dit : "
Chérie, je veux que tu saches que nous t'aimons, et que nous aimons David." Suzanne était un peu dubitative. "Maman," dit-elle
hésitante, "j'apprécie vraiment ton affection, mais en toute honnêteté,
comment peux-tu dire que tu aimes quelqu'un que tu n'as jamais vu ? " "Ce que je veux dire, c'est que nous choisissons de l'aimer," expliqua
sa mère, "parce que l'amour est un choix." C'est le conseil le
plus sage que la mère de Suzanne pouvait offrir à sa fille avant son
mariage.
NOS ACTIONS AFFECTENT NOS SENTIMENTS
Si la plupart des gens pensent que l'amour nous pousse à donner, la vérité
(telle que Rav Eliahou Dessler l'écrit dans son célèbre essai sur la bonté) est
l'exacte opposé : "Donner nous conduit à aimer".
Maintenant que nous éprouvons tellement de sympathie pour le genre humain,
comment pouvons-nous approfondir notre amour pour l'autre ? D.ieu nous a
créé de telle sorte que nos actions influent considérablement sur nos
sentiments. Par exemple, si nous voulons montrer plus de compassion, avoir des
pensées bienveillantes peut nous y aider, mais donner la tsédaka
(aumône) nous y conduira certainement. De la même manière, la meilleure façon
d'être aimant, c'est d'aimer - et cela veut dire donner.
Qu'est-ce que donner ?
Quand un bricoleur enthousiaste annonce
joyeusement à sa femme, très peu portée sur la mécanique : "Chérie,
attends de voir ce que je t'ai acheté pour ton anniversaire - une boîte à outil
avec trois compartiments !", cela ne s'appelle pas donner. De même,
lorsqu'un père force son fils à jouer du violon, parce que lui-même a toujours
rêvé de devenir virtuose.
Le don véritable, tel que Erich Fromm le fait remarquer, s'exprime
différemment et requiert quatre éléments. Le premier est l'attention, manifester un intérêt réel pour la vie et
l'épanouissement de l'autre. Le second est la responsabilité, répondre à ses
besoins qu'ils soient exprimés ou non (dans une relation entre adultes, il
s'agira alors de besoins émotionnels). Le troisième est le respect, la capacité
de voir l'autre tel qu'il (ou elle) est, être conscient de l'unicité de son
identité et, par conséquent, souhaiter voir l'autre s'épanouir, en accord avec
cette identité. Ces trois éléments dépendent tous du quatrième, la connaissance.
On ne peut être attentionné envers l'autre, lui répondre et le/la respecter, que
dans la mesure où nous le/la connaissons.
S'OUVRIR AUX AUTRES
L'effet d'un don sincère et altruiste est profond. Il nous permet de pénétrer
le monde de chacun et d'apprécier le bon qui se trouve en lui. En même temps,
cela implique que nous investissions une partie de nous-même en l'autre, ce qui
nous permet de l'aimer, autant que nous nous aimons nous-même.
Plus on donne, plus on aime. C'est pourquoi nos parents (qui nous ont donné
bien plus que nous ne le saurons jamais) nous aiment sans aucun doute plus que
nous ne les aimons nous-même, et nous, en retour, aimons nos enfants plus qu'ils
ne nous aiment.
Parce que l'amour profond et intime émane de la connaissance et du don, il ne
peut apparaître en une nuit, mais est le fruit du temps - ce qui signifie qu'il
apparaîtra toujours seulement après le mariage.
Le sentiment intense que de nombreux couples ressentent avant de se marier
est généralement une grande tendresse, sublimée par la vie commune, l'alchimie
et l'anticipation. Il peut s'agir de graines d'amour, mais elles doivent encore
germer.
Le jour du mariage, les émotions planent haut, mais le véritable amour se
trouve à son niveau le plus bas. Parce que, avec de l'espoir, cet amour ne doit
que grandir, au fur et à mesure que le mari et la femme se donneront l'un à
l'autre.
Une femme que je connais m'expliqua un jour, pourquoi elle vivait un mariage
heureux, depuis maintenant 25 ans. "Chaque relation connaît ses hauts et ses
bas", me dit-elle. " Les bas peuvent être vraiment terribles - et quand ils
le sont, nous avons trois solutions : partir, vivre un mariage sans amour, ou
choisir d'aimer notre mari."
Une relation s'épanouit quand les deux partenaires s'engagent à agir de
manière aimante, par un don continuel et inconditionnel - pas en disant
simplement "Je t'aime", mais en le montrant.
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| UNE
PRIERE POUR CELLE QUI DESIRE TROUVER SON EPOUX
SELON LE MARAN HA 'HIDA
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| UNE
PRIERE POUR CELLE QUI DESIRE TROUVER SON EPOUX
SELON LE CHLAH HAKADOCH
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יְהִי
רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה' אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, שֶׁתַּמְצִיא לִי
בְּרַחֲמֶיךָ הָרַבִּים וּבַחֲסָדֶיךָ הַגְּדוֹלִים אֶת זִוּוּגִי הָרָאוּי לִי
בִּזְמַנוֹ, זִוּוּג הָגוּן הָרָאוּי לְהוֹלִיד, תַּלְמִיד חָכָם, גָּדוֹל
בְּתוֹרָה וּבְיִרְאָה, מִזֶּרַע צַדִּיקִים וְאַנְשֵׁי אֱמֶת וְיִרְאַת חֵטְא,
כְּמוֹ שֶׁהִמְצֵאתָ זִוּוּגוֹ לְאָדָם הָרִאשׁוֹן, לְאַבְרָהָם וְיִצְחָק
וְיַעֲקֹב וּמֹשֶׁה, כָּל אֶחָד זִוּוּגוֹ בְּעִתּוֹ וּבִזְמַנּוֹ. וְאוֹתוֹ אִישׁ
שֶׁתַּמְצִיא לִי לְזִוּוּגִי יְהֵא אִישׁ טוֹב, אִישׁ נָאֶה בְּמַעֲשָיו בַּעַל
מַעֲשִׂים טוֹבִים, בַּעַל חֵן, אִישׁ מַשְׂכִּיל וִירֵא אֱלהִים, רוֹדֵף צְדָקָה
וְגוֹמֵל חֶסֶד. וְלֹא יְהֵא בּוֹ שֵׁמֶץ פְּסוּל וּמוּם וּפְגָם, וְלֹא יְהֵא
כַּעֲסָן וְרַגְזָן, רַק בַּעַל עֲנָוָה וּנְמִיכוּת רוּחַ, בָּרִיא וּבַעַל כֹּחַ.
וְאַל יְעַכֵּב אַכְזְרִיּוּת הַבְּרִיּוֹת וְשׂוֹנְאִים וּמַחְשְבוֹתֵיהֶם
וְתַחְבּוּלוֹתֵיהֶם לְעַכֵּב אֶת בֶּן זוּגִ.י שַהוּכַן לי. יִהְיוּ לְרָצוֹן
אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ, ה' צוּרִי וְגֹאֲלִי
Yéhi
ratson miléfané'ha Ado-naï élo-ay vélo-ey
avotay, chétamtsi li véra'hamé'ha arabim ouva'hasadé'ha agédolim
ète zivougi araouy li bizmano. Zivoug agoune araouy léolid talmid
'ha'ham gadol batora ouvayira mizéra tsadikim véanché émèt
véyirat 'hte, kémo chéimtséta zivougo léadam harichon, léavraham
véits'hak véyaakov oumoché, kol é'had zivougo béyito ouvizmano.
Véoto ich chétamtsi li lézivougi yehé ich tov, ich naé
bemaassav, baal maassim tovim, baal 'hèn, ich maskil viyré élo-him,
rodèf tsédaka végomèl 'hassèd. Vélo yehé vo chémèts péssoul
oumoum vélo yehé kassan
véragzan
rak baal anava ounmi'hout roua'h. Bari ouvaal koa'h, véal yaakèv
a'hzariout abriot véssonim ouma'hchévotéèm véta 'hboutoléèm
léakèv et bèn zougi haogèn li. ״
Iheyou
leratson imré fi véégione libi lefané'ha Ado-nai tsouri
vegoali ״
אנא יְיָ אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת
בטל נא ממני כל עיכובים ותשגיח נא עלי בעין חמלתך כדכתיב:" "הִנֵּה עֵין יְיָ אֶל
יְרֵאָיו לַמְיַחֲלִים לְחַסְדּוֹ" וכשם שהמצאת לאדם הראשון את זיווגו בעיתו ובזמנו
כך סייע בידי ותמציא לי ברחמים גדולים ובחסדים עצומים את בן מזלי בחיר ליבי משורש
נשמתי חיש קל במהרה ותשרה בנינו תמיד אהבה ואחווה שלום ורעות. ואל יהיו עוונותיי
מונעים הטוב ממני וברכני נא בברכה הכתובה בתורתך:"יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶךָ,
יָאֵר יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ, יִשָּׂא יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם
לְךָ שָׁלוֹם, וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם"
אֲדֹנָי שְׁמָעָה אֲדֹנָי סְלָחָה אֲדֹנָי הַקֲשִׁיבָה וַעֲשֵׂה אַל תְּאַחַר
יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ יְיָ צוּרִי וְגֹאֲלִי.
בָּרוּךְ יְיָ לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן
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UNE
PRIERE POUR CELUI QUI DESIRE TROUVER SON EPOUSE
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אנא יְיָ אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת
בטל נא ממני כל עיכובים ותשגיח נא עלי בעין חמלתך כדכתיב:" "הִנֵּה עֵין יְיָ אֶל
יְרֵאָיו לַמְיַחֲלִים לְחַסְדּוֹ" וכשם שהמצאת לאדם הראשון את זיווגו בעיתו ובזמנו
כך סייע בידי ותמציא לי ברחמים גדולים ובחסדים עצומים את בת מזלי בחירת ליבי משורש
נשמתי חיש קל במהרה ותשרה בנינו תמיד אהבה ואחווה שלום ורעות. ואל יהיו עוונותיי
מונעים הטוב ממני וברכני נא בברכה הכתובה בתורתך:"יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶךָ,
יָאֵר יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּ, יִשָּׂא יְיָ פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם
לְךָ שָׁלוֹם, וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם"
אֲדֹנָי שְׁמָעָה אֲדֹנָי סְלָחָה אֲדֹנָי הַקֲשִׁיבָה וַעֲשֵׂה אַל תְּאַחַר
יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ יְיָ צוּרִי וְגֹאֲלִי.
בָּרוּךְ יְיָ לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן.
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par Lazer Gurkow
Et Isaac... prit Rébecca, et elle devint sa femme, et il l’aima.
(Genèse 24, 67)
Une cour moderne
Si Isaac et Rébecca s’étaient rencontrés à l’époque moderne, leur rencontre
aurait pu ressembler à ceci : Isaac remarquerait Rébecca au puits et serait
impressionné par sa beauté. Du coin de l’œil, il lui lancerait des regards
furtifs, auxquels elle répondrait, avant de timidement se retourner.
À ce point, je suppose qu’Isaac se serait tranquillement approché de Rébecca
pour l’inviter à boire un café. Après avoir initialement rougi, elle l’aurait
éconduit d’un haussement d’épaules. Personne n’aime paraître trop intéressé, de
nos jours, de peur que les sentiments ne soient pas réciproques. Il insisterait
et elle, secrètement ravie, aura l’air de se laisser convaincre à
contrecœur.
Ils passeraient leur première rencontre à faire impression. Isaac se
montrerait galant et espèrerait la faire rire tandis que Rébecca prendrait une
pose intéressée, mais évasive. Chacun se demanderait ce que l’autre pense, mais
aucun n’oserait s’en enquérir.
La réponse viendrait quelques jours plus tard sous la forme d’une seconde
invitation. À nouveau, cette invitation paraitrait informelle, mais serait en
réalité le fruit d’une intense planification et d’une impatiente agonie. Une
rencontre en amènerait une autre. Ils tourneraient en rond, se demandant chacun
se que l’autre a en tête, mais trop terrifiés pour le demander.
Chacun se
concentrant sur les sentiments de l’autre, mais trop hésitant pour révéler les
siens.
Les gens demanderaient à Rébecca si elle a un petit ami, et elle sourirait
timidement et répondrait « Oui. » « Vas-tu l’épouser ? » « Je ne sais pas. »
« Le veux-tu ? » « Mais bien sûr ! » « Alors pourquoi ne le fais-tu pas ? » « Eh
bien, nous ne parlons pas de ces choses-là ! »
Les gens
demanderaient à Isaac s’il allait proposer le mariage, et il
répondrait « Je ne suis pas sûr que Rébecca y soit prête. » « Le lui as-tu
demandé ? » « Quoi, vous attendez que moi je le lui demande ? »
Et ainsi
en ira-t-il pendant des mois et des mois, jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne
son courage à deux mains et pose finalement la question.
Un chidoukh
Heureusement pour eux, il n’en fut pas ainsi pour Isaac et Rébecca. Cette
agonie leur fut épargnée lorsque leurs parents leur firent entreprendre un
chidoukh. C’est bien cela, un mariage arrangé. Éliézer, le serviteur
d’Abraham, se révéla un excellent marieur. Dépêché par Abraham pour trouver la
parfaite fiancée, il revint avec Rébecca dans ses bagages. Ils n’hésitèrent pas
une demi-seconde et se marièrent le lendemain même.
S’aimaient-ils le jour de leur mariage ? Ils se connaissaient à peine.
Considérons de nouveau le verset biblique cité au début de cet essai : « Et
Isaac... prit Rébecca, et elle devint sa femme, et il l’aima. » D’abord elle
devint sa femme, et ensuite il l’aima. Ce n’est qu’après leur mariage qu’ils
découvrirent leur admiration l’un pour l’autre et, finalement, leur amour.
Cela paraît terne ? Absolument pas romantique ? Peut-être, mais
intéressons-nous de plus près à l’approche du chidoukh pour trouver son
parti.
Le marieur ou chadkhan (ou la marieuse/chadkhanit) commence par
s’enquérir de toutes les informations possibles au sujet des hommes et des
femmes qu’il doit assortir : leurs intérêts, leurs caractères, leurs
personnalités et leurs besoins. Avec beaucoup de précautions, le marieur
s’assure qu’un jeune homme ou une jeune femme ne rencontre jamais quelqu’un avec
qui il ou elle ne partage pas grand-chose.
Lorsqu’ils sortent pour leur première rencontre, le garçon et la fille
considèrent l’événement avec sensibilité et pragmatisme. Ils ne tournent pas
autour du pot. Ils se lancent dans une franche discussion. Ils sont là pour
examiner ce qu’ils ont en commun, voir s’il se fait une alchimie entre eux et
s’ils se trouvent mutuellement agréables.
Ils sont immédiatement à l’aise avec des sujets que d’autres n’osent souvent
pas aborder pendant des mois. Des questions telles que « Qu’est-ce que tu
attends de la vie ? », et « Quel genre de famille t’imagines-tu avoir ? » sont
confortablement abordées. Les familles, les personnalités, les espoirs et les
aspirations sont autant de sujets à débattre. Chacun s’efforce de dessiner la
vie qu’il ou elle espère mener.
Si leurs desseins sont compatibles, et s’ils se trouvent des atomes crochus,
ils ont alors découvert une base sur laquelle leur foyer pourra se construire.
S’ils sont incompatibles ou s’ils n’ont pas un minimum d’affinité, ils
suspendent tout simplement leur relation et poursuivent chacun leur vie avec
dignité et respect.
Je sais ce que vous pensez. « M. le rabbin, cela sonne trop carré et
méthodique. Où est le romantisme ? Comment peut-on proposer le mariage à
quelqu’un que l’on ne connaît que depuis une semaine ? Ils en connaissent
tellement peu l’un sur l’autre qu’ils ne peuvent pas être amoureux ! »
Une porte d’entrée
Dans l’approche du chidoukh, le mariage est considéré comme une porte
d’entrée. Une porte d’entrée à travers laquelle on pénètre dans le ravissement,
le romantisme et l’amour. L’amour véritable ne se crée pas en un jour. Il met
des décennies à se développer. Dans notre monde de gratification instantanée,
c’est difficile à apprécier, mais ça n’en demeure pas moins vrai.
L’admiration
et le béguin peuvent survenir en un jour. L’amour prend du temps.
L’amour véritable apparaît à travers de longues années de vie commune.
L’amour véritable se crée lorsque vous partagez tellement de choses que vous
n’imaginez plus la vie l’un sans l’autre.
Dans l’approche du chidoukh, les époux potentiels ne sont pas
focalisés sur le jour de leur mariage, mais sur les décennies à venir. Ils
comprennent que le vrai amour met des années à se développer. Le jour de leur
mariage, ils sont heureux de partager une base d’admiration mutuelle,
d’engagement et de respect. Une base sur laquelle ils édifieront leur couple et
développeront leur amour.
Si les bases sont saines et qu’il existe un engagement pour le long terme,
alors les points de détails peuvent être résolus, et les obstacles surmontés.
L’amour véritable sera libre de s’épanouir.
Prenant ses racines dans le respect et l’admiration, nourri par le dévouement
et l’engagement et paré de bonheur et d’amour, un tel mariage est un hommage à
D.ieu. Tel était le mariage du Patriarche Isaac et de la Matriarche
Rébecca.
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| L'HOMME
ET LA FEMME. QUELLE DIFFERENCE
?
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|
par Manies
Friedman
Au moment où D.ieu créa Adam et qu’il ouvrit les yeux pour la première fois,
quel était son profil psychologique ? Il n’avait pas de complexe d’Œdipe parce
qu’il n’avait pas de mère. Il n’avait pas de traumatisme de naissance, parce
qu’il n’était pas né. Il n’avait pas de rivalité avec un frère... à quoi
ressemblait cet homme ? De quoi était fait son psychisme ?
Il est intéressant de noter qu’Adam n’avait pas non plus d’instinct de
survie. C’est pourquoi, lorsque D.ieu lui dit « Le jour où tu mangeras de cet
arbre, tu mourras », Adam ne fut pas impressionné. « Ah, alors je
mourrais... »
Mais s’il n’avait pas même d’instinct de survie, que pouvait-il bien avoir à
l’esprit ?
De fait, Adam avait un désir de mort. C’était ça son psychisme. Il avait une
pulsion de mort parce que la vie semblait si peu naturelle. Dans un sens,
lorsque D.ieu dit « De la poussière tu viens et à la poussière tu retourneras »,
cela décrivait le psychisme d’Adam. « Je viens de la poussière, je veux
retourner. »
Retourner à quoi ? À la poussière. Au néant.
Les hommes, jusqu’à aujourd’hui, ont ce complexe. Si vous ôtez à
un homme tout ce
qui est superficiel, ses ornements – sa voiture, son argent et ses chaussures en
daim – il ne reste rien, rien d’autre que de la poussière. Chaque homme est
terrifié à l’idée qu’à la fin de sa vie, la valeur cumulée de son existence sera
insignifiante, quel que soit ce qu’il ait pu accomplir. Tout au fond de lui, il
a peur que tout disparaisse et qu’il sera condamné à demeurer un néant, une
non-entité, un zéro.
Les femmes ne souffrent pas de cela. Une femme n’a pas peur ou ne s’inquiète
pas de sa propre insignifiance. Car, de fait, celle-ci n’existe pas. En effet,
Ève ne fut pas créée à partir de la poussière, mais à partir d’Adam. Ainsi,
alors qu’un homme craint d’être réduit à son néant originel, si vous effacez
tous les accomplissements, toutes les réalisations d’une femme, celle-ci sera
réduite à... un homme.
Si vous supprimez l’égo d’une femme, elle ne devient pas rien, elle devient
lui. Elle se perd en lui. Si vous supprimez l’égo d’un homme, il ne se perd pas
en elle, il devient néant.
C’est la raison pour laquelle un homme a besoin d’accomplir. Il doit
accomplir parce qu’il a besoin de démentir son insignifiance. Une femme, en
revanche, n’a pas besoin d’accomplir pour exister. Elle a besoin d’accomplir
pour être appréciée.
Parce que si vous n’êtes rien et que vous voulez devenir quelque chose, alors
accomplir est fondamental, et, plus que de tout autre chose, vous avez besoin de
respect. Le respect envers vous signifie que vous êtes quelque chose.
Une femme, qui ne craint pas d’être réduite à néant, ne comprend pas et ne
peut tolérer que son existence ne soit pas appréciée. Ainsi, ce dont une femme a
le plus besoin, c’est d’appréciation.
Le Talmud enseigne qu’un homme se doit d’honorer sa femme et d’être très
attentif à ses sentiments. Un homme doit être prudent avec l’honneur de sa
femme, car une femme est particulièrement sensible à l’injustice. Ce n’est pas
là une qualité secondaire de la femme. Au cœur même de l’être féminin se trouve
l’injustice qui la fait souffrir. Elle est traitée comme si elle n’était rien,
alors que c’est faux. Elle est quelque chose, et cette injustice lui fait
mal.
Lorsqu’un homme est traité comme un moins que rien, ce n’est pas l’injustice
qui le fait souffrir – c’est la vérité qui le fait souffrir. Il n’est rien et
déteste qu’on le lui rappelle. Sa réaction n’est pas celle qui répond à une
injustice, ce n’est pas une indignation face à quelque chose d’immoral, c’est
une douleur personnelle. Alors que, chez une femme, quelle que soit la façon
dont elle ait pu être maltraitée ou accablée, cela demeure essentiellement un
problème d’injustice et de morale pour elle.
C’est pourquoi il arrive qu’une femme soit maltraitée pendant des années dans
une relation, et tout ce temps-là elle se dit qu’elle le mérite. Un homme n’est
pas capable de cela. Il ne peut pas dire « Je le mérite », parce que là n’est
pas la question. La question, pour l’homme, est « Est-ce que j’existe, ou
non ? » Si vous me maltraitez, alors je n’existe pas, et je ne peux pas
supporter cela. Je ne peux pas être réduit à néant et continuer à vivre. Une
femme, en revanche, se dit simplement « Je le mérite, donc ce n’est pas une
injustice ». De la sorte, elle peut continuer à vivre.
Cela explique pourquoi les hommes sont agressifs. Un homme a désespérément
besoin d’être reconnu comme étant quelque chose et a donc besoin de faire ses
preuves, d’accomplir, d’acquérir. C’est ce besoin d’acquérir qui est agressif.
Une femme, de son côté, est déterminée à conserver ce qui est à elle, à demeurer
elle-même. Et quelle que soit l’intensité avec laquelle elle réalise cela, ce
n’est pas agressif, car son but n’est pas d’acquérir, mais de préserver.
Lorsque le lion part en chasse, il est agressif. Lorsque la lionne part en
chasse, elle essaie de faire vivre sa famille. Bien qu’elle puisse être encore
plus violente que le mâle, ce n’est pas de l’agression, c’est de la subsistance.
Si vous menacez un ourson à proximité de sa mère, vous vous exposez à de gros
ennuis. Vous allez dire « Cette mère est agressive ». Pourtant, elle ne l’est
pas. Elle est totalement passive. Si vous ne présentez aucune menace, elle ne
vous cherchera pas querelle. Elle ne veut rien vous prendre. Elle veut seulement
préserver ce qu’elle a et elle le fera férocement. Mais il s’agit de
préservation, ce n’est donc pas de l’agression.
Le lion mâle, lui, veut ce que vous avez, et il est déterminé à vous le
prendre. Ainsi, même s’il le fait gentiment et avec douceur, c’est de
l’agression. Même la plus subtile et raffinée des séductions est une agression,
parce qu’il s’agit d’obtenir ce qui ne vous appartient pas. Vous êtes en quête,
vous voulez acquérir, vous êtes un prédateur. Un prédateur doux et raffiné,
certes, mais même cela est agressif.
Les hommes sont appelés « agressifs », parce qu’ils cherchent quelque chose
qu’ils n’ont pas. Les femmes sont appelées « passives », parce qu’elles ne
cherchent pas nécessairement quelque chose qu’elles n’ont pas ; elles aiment ce
qu’elles ont. Nous ne parlons pas de possessions matérielles, mais
psychologiques.
Ceci nous aide à comprendre la bénédiction que les hommes et les femmes font
avant la prière du matin.
Un homme dit « Merci de ne pas m’avoir fait femme ». Un homme est
reconnaissant pour ce qu’il n’est pas, parce qu’il ne peut pas affirmer de façon
positive et dire « Merci pour ce que je suis ». Il n’est jamais certain d’être
quoi que ce soit.
Une femme dit « Merci de m’avoir faite telle que Tu souhaites que je sois ».
Une femme peut faire une affirmation positive sur elle-même, car elle sait
qu’elle existe, et elle est reconnaissante pour ce qu’elle est.
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Le
Rabbi de Loubavitch nous enseigne : lorsqu'est
venu le moment de se marier, on se fixera
deux qualités essentielles
et souhaitées chez notre futur
conjoint.
uand
on aura trouvé dans la personne rencontrée
ces
deux seuls critères essentiels que l'on se
sera fixé : on pourra
se
marier.
Après
le mariage, on constatera
que mêmes
les détails y sont.
Basé
sur une conférence donnée par le Rav
Leibel Groner
Je suis certain que nos jeunes et leurs parents sont
impatients de faire les choses. Je suis heureux de
discuter avec eux quelques-uns des conseils que le Rabbi de Loubavitch a
fréquemment énoncé.
Trouver un de chiddou'h est un
processus. Pour certains, le processus va, Barouh Hashem,
rapidement, tandis que pour d'autres, il prend plus de
temps. Par exemple : à la fin des
années 1940 il y avait un jeune homme au 770 qui avait de grandes difficultés à
se marier. Pourquoi ? Chaque fois qu'un nom lui était proposé, il demandait
conseil au Rabbi précédent
et à chaque
fois, le Rabbi disait
non. Cela s'est passé 5 ou 6 fois au cours de quelques
mois. Le jeune homme compris que si le Rabbi avait rejeté
toutes les propositions, cela voulait dire
qu'il n'était pas destiné à
se marier et qu'il devait passer sa vie assis à
étudier la Torah et il déclina
toutes les propositions qui lui étaient
faites sans consulter le Rabbi. Après un certain temps, le Rabbi
lui-même lui demanda s'il n'avait plus de propositions. Le jeune homme lui dit qu'il pensait qu'il n'était
pas fait pour se marier vu que le Rabbi
refusait chaque proposition.
Le Rabbi précédent lui répondit
alors par une
histoire : le Rabbi de Berditchev avait un fils nommé Reb Meir qui décéda
alors
qu'il était jeune, laissant derrière lui plusieurs enfants en bas âge.
Lorsque le moment fut venu de marier le plus âgé,
le Rabbi de Berditchev demanda à tous les chad'hanim de lui faire des
propositions, annonçant qu'il
récompenserait chaque chiddou'h. Les offres affluèrent et le Rabbi
de Berditchev les refusa toutes, mais
paya comme convenu pour chaque nom proposé.
A tel point que les chad'hanim se réunirent et décidèrent
de cesser les propositions afin de ne pas
lui faire gaspiller son argent.
Lorsque le Rabbi de Berditchev remarqua qu'aucun
nom ne lui était plus proposé,
il en demanda la raison aux chadh'anim.Il existe de nombreux chadh'anim dans le ciel et chacun
propose son idée : Gittel est peut-être bon pour lui, non, je pense
Shprintza, ou Baila...
jusqu'à ce que D-ieu
décide... C'est pour cette raison que nous devons passer par toutes les idées proposées
jusqu'à ce que nous atteignions le "mazal". Quand un chiddou'h prêt à se faire
ne s'organise pas, c'est parce qu'en Haut,
il y avait deux
prétendants et que D-ieu à la
dernière minute est venu à une conclusion. Chaque
fois que le Rabbi de Berditchev refusait un chiddou'h, il savait que le jeune
homme se
rapprochait de la bonne, et il payait chaque étape qui rapprochait du
"but". De toute évidence, le jeune homme redemanda
conseil au Rabbi pour les offres qui lui
étaient faites de nouveau. Quelques semaines plus tard, le nom de son "mazal"
lui fut proposé, et lorsqu'il demanda
conseil, le Rabbi indiqua que c'était une bonne idée
: le jeune homme se maria et aujourd'hui, il a de nombreux
petits-enfants et arrière-petits-enfants, Barou'h Hashem. Les parents ne devraient pas être désabusés et déprimés si le processus semble plus long pour leur enfant, et ils ne devraient certainement pas se permettre de penser que quelque chose ne va pas avec leur enfant, plus important encore, ils ne doivent pas transmettre leur sentiment à leur enfant que ce soit
dans les mots, les
expressions du visage ou dans un soupir.
| EST-CE LA BONNE PERSONNE
?
|
Après tout, personne n'est
parfait. Chacun a ses forces et faiblesses.
Parfois, l'intellect établit que tout a un sens, mais le cœur
n'est pas très heureux.
Parfois, le cœur est attiré par une personne mais l'intellect
le met en garde.
Quel est le plus important, le cœur ou l'intellect ? ... Oui, il est vrai que l'intellect
doit d'abord évaluer si la personne est compatible mais, après cela, seul
le cœur peut prendre la
décision finale.
| PRENEZ
VOTRE
TEMPS,
RIEN
NE
PRESSE
|
Certains demandent combien de fois un
couple doit se rencontrer.
Un
jour un jeune homme et une jeune fille demandèrent au Rabbi son avis
pour savoir s'ils
pouvaient se rencontrer.
Le Rabbi
acquiessa.
Six jours plus tard, ils demandèrent sa bénédiction pour
les fiancailles. Le Rabbi m'a demandé :
"En six jours, ils peuvent prendre une décision pour
toute une vie ? " Un couple a besoin de temps pour prendre une telle
décision.
Ils
ne doivent pas se voir à deux jours d'affilée car ils doivent
prendre le temps de réfléchir clairement
sur les choses :
il est bien de se
voir deux ou trois fois en une semaine.
*
Il y a beaucoup de sujets à aborder. Assurez-vous d'accomplir les objectifs, et ne pensez
pas qu'à passer un bon moment. N'oubliez pas que vous êtes sur le
point de décider si c'est la personne avec qui vous passerez votre
vie. En plus de faire connaissance l'un l'autre, voyez si vous vous appréciez, et si vous vous comprenez.
C'est le temps de discuter de nombreux
sujets graves.
Rav Dworkin z"l se plaignait du fait que de nombreuses
fois, il a dû résoudre des problèmes de chalom baït qui auraient pu être
facilement évités si le jeune couple avait examiné les sujets pendant
le chidou'h. Un large éventail de sujets auxquels
le couple devrait faire face dans la vie
doivent être explorés. Si les différences sont trop importantes, il est
préférable de mettre fin au chidou'h plutôt que de faire face à des problèmes
plus tard.
Chacun a sa propre
liste de sujets importants, voici quelques suggestions : un foyer juif cachère
? une grande famille ? prendre un parent âgé, si cela devient
nécessaire? l'éducation des
enfants ? les rôles de l'homme et de la femme
dans la maison ? les questions d'argent (dettes,
les cartes de crédit) ? comment
chacun entend
faire
plaisir ? quel type de lecture dans la
maison?
meubles chers ou basiques ?
quel genre de musique lors du
mariage ? un
engagement hassidique ou pas ? la
télévision à la maison
? Si
celles-ci et d'autres questions essentielles sont abordées au préalable, de
nombreux problèmes qui affligent les mariages plus tard seront évités. Discutez des questions cruciales de sorte que plus tard vous
construirez une maison ensemble dans la vraie unité, plutôt que D-ieu
en préserve, en désaccord.
Il s'agit d'une décision pour la vie.
Si l'on a attendu vingt ans ou plus pour se marier, on
peut attendre une semaine ou plus.
Le Rabbi voulait s'assurer que le jeune homme et la jeune fille
veulent véritablement se marier de leur propre gré et que cela
ne soit pas juste l'idée des parents.
Il est clair que le Rabbi estime que les parents sont
là pour guider leurs enfants, mais ils ne doivent jamais imposer leur propre volonté
et
certainement jamais dire des choses comme : «Vous êtes de plus en plus vieux,
vous n'avez pas le choix !" ou autres
commentaires. Le Rabbi a été catégorique sur le fait qu'il
ne fallait pas essayer de pousser
le jeune couple. |
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Un
Mariage Prédestiné
tiré
du livre "Le Maguid parle..." d'Israël
Spiegel
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Le
Rachach, Rabbi Chmouel Straschun, est une personnalité
connue de tous et sa réputation n'est plus à
faire. Talmid 'Ha'ham de renom (il a laissé
un commentaire sur presque tout le Chass, qui accompagne
la plupart des éditions du Talmud), il était
également très riche, et il était
aussi très apprécié de ses comtemporains
pour son bon cœur et sa générosité.Il
cherchait à aider ses frères moins bien
lotis et, outre l'argent qu'il leur donnait de sa propre
poche, c'est lui qui tenait la caisse communautaire
de prêts -sans intérêts-, ce qui
va sans dire, afin de faire, selon la recommandation
de nos sages, du bien avec sa propre personne et
ne pas se contenter de n'en faire qu'avec son argent. Les
solliciteurs étaient toujours très aimablement
reçus, le Rachach inscrivait scrupuleusement les
sommes empruntées, fixait les échéances
et, le moment venu, s'occupait également de recouvrir
les dettes. Les sommes étaient parfois importantes
: le Rachach, dans ce cas, n'hésitait pas à
se montrer sévère si les emprunteurs ne
respectaient pas leurs engagements, quitte à
les aider en privé s'il le fallait.
Après
ce bref aperçu de la personnalité du Rachach,
on s'attendrait sans doute à ce qu'un homme aussi
comblé, riche et respecté, choisisse pour
sa fille un jeune homme réputé pour son
érudition. Or, il n'en était rien... Le
gendre du Rachach était un jeune homme d'une
érudition moyenne et n'atteignait certainement
pas le niveau de connaissances que le Rachach eût
été en droit d'exiger de tout prétendant.
Comment
le Rachach avait-il fixé son choix ?

Commençons
par le début. Le Rachach, comme nous l'avons
dit, tenait la caisse de prêts. Il se faisait
toujours un devoir d'inscrire immédiatement toute
entrée ou sortie et de tenir son carnet à
jour, et exigeait des emprunteurs qu'ils respectent
leurs engagements. il n'oubliait jamais d'effacer une
dette lorsqu'elle avait été remboursée,
entièrement ou en partie -dans ce cas il ouvrait
immédiatement un autre compte pour le restant
de la dette, et il consultait régulièrement
ses carnets pour vérifier qui avait remboursé
ses dettes et qui devait encore de l'argent. Bref, ses
carnets, étaient tenus avec une méticulosité
qui tenait de la manie !
Un
tailleur vint un jour solliciter un prêt assez
important. Il expliqua qu'il se trouvait momentanément
en difficulté : quelques centaines de roubles
pour quelques mois le tireraient d'affaire. Le Rachach
lui fixa une date pour l'échéance qu'il
inscrivit, comme à l'ordinaire, dans son carnet
de comptes.
Quelques mois plus tard, on
frappe chez le Rachach. Celui-ci est plongé dans l’étude d’un passage très
compliqué de la Guemara. Le front entre les mains, les sourcils froncés, il
réfléchit.
Il ouvre un livre, le lit avec attention, puis en ouvre un autre. On frappe avec
insistance…
«-Entrez ! s’écrie le Rachach.Le Gadol qui a répondu d’une
façon automatique, ne s’est pas vraiment rendu compte que le tailleur est
entré, et qu’il se tient près de la porte, attendant timidement qu’on le
remarque : il ne voudrait pas déranger le Rav, mais l’échéance est arrivée, et il
veut se débarrasser de sa dette. Le Rachach continue à réfléchir. Inconsciemment
cependant, il sent une présence étrangère.-Oui?
- C’est pour le prêt, explique
le tailleur. Mais je ne veux pas vous déranger. Tenez, je pose l’argent, là,
sur la table. Vous pouvez compter, la somme y est.
- Le Rachach prend la liasse de
billets et la compte distraitement. Merci beaucoup, dit-il au tailleur.
Je l’inscrirai tout à l’heure.
-
Au revoir, et
excusez-moi encore de vous avoir dérangé.»
Le tailleur parti, le Rachach,
recommence à réfléchir avec une intensité accrue. Il relit le passage qu’il
vient de consulter. Non, décidément, ce n’est pas réponse qu’il cherche. Avec
un claquement sec, le Rachach referme le livre et en même temps, ferme sur lui
les billets qu’il a glissés, sans faire attention, entre les pages du volume.
Il faut qu’il comprenne parfaitement ce passage! De longues heures, le
Rachach se concentre: rien d’autre n’existe plus pour lui. Il a oublié le
tailleur, il a oublié les billets… Rien ne l'intéresse plus
que la question qui le préoccupe. Lentement pourtant, ...il sent qu’il progresse...
il commence à
percevoir le problème dans son ensemble… A la fin de la matinée, enfin, le
Rachach se lève, satisfait…
Il prend les différents livres qui l’ont aidé dans
sa démarche, et les remet soigneusement à leur place.
Incroyable, mais vrai, le
Rachach, si scrupuleux d’ordinaire, dont le soin à inscrire sans tarder les sommes
les plus minimes, est légendaire, a oublié d’inscrire que Rabbi Zalman a
remboursé sa dette…
Il ne se souvient de rien,
comme un rêve qui s’évanouit au réveil sans laisser le moindre souvenir.
Incroyable… Les voies de la
Providence Divine…
Quelques semaines plus tard, le
Rachach remit ses comptes à jour. Tiens, le tailleur n’avait pas payé sa dette?
Peut-être était-il dans la gêne? Le Rachach décida d’attendre encore un
peu. Mais voyant que le temps passait, il convoque son débiteur :
«- Que se passe-t-il?
Pourquoi n’avez-vous pas payé votre dette? L’échéance est passée depuis
longtemps, et j’ai attendu plus que de coutume… Vous êtes dans l’embarras,
peut-être?
- Ma dette? Bégaie, le
tailleur, mais… je l’ai remboursée, j’ai apporté toute la somme le jour convenu!
- Comment?
- Mais oui, souvenez-vous!
Vous étiez absorbé, j’ai laissé l’argent sur la table.
- Vous osez prétendre que vous
me l’avez remboursée, que vous l’avez mis sur la table! Non, mon ami,
vous ne m’avez rien rendu! Mais je veux bien attendre encore un petit
moment, puisque cet argent semble vous faire défaut. Seulement, soyez gentil,
ne me racontez pas d’histoires!
- Mais, je ne raconte pas d’histoires,
insiste le petit tailleur ulcéré. Je vous ai remis l’argent!
- Vous ne m’avez remis aucun
argent: voyez le registre! Vous savez bien que j’efface toujours
les dettes dès qu’elles sont remboursées. Je n’ai jamais reçu d’argent. N’insistez
pas!!! Je vous laisse encore deux semaines, déclare le Rachach. Mais si
vous refusez de rembourser, je vous convoque au Beth Din! La caisse de
prêts ne m’appartient pas, et je ne peux pas accepter de lui laisser perdre une
somme pareille.»
Voyant que toute discussion était
inutile, le tailleur se tait. Il est mortifié.
La
parole du tailleur contre celle du Rachach...
Le
tailleur affirmait avoir payé sa dette mais il
n'avait pas de témoin : le Beth Din trancha donc
qu'il devait prêter serment. Quelques semaines plus tard, le
Rachach remit ses comptes à jour. Tiens, le tailleur n’avait pas payé sa dette?
Peut-être était-il dans la gêne? Le Rachach décida d’attendre encore un peu.
Mais voyant que le temps passait, il convoque son débiteur :
«- Que se passe-t-il? Pourquoi
n’avez-vous pas payé votre dette? L’échéance est passée depuis longtemps, et
j’ai attendu plus que de coutume… Vous êtes dans l’embarras,
peut-être?
- Ma dette? Bégaie, le tailleur,
mais… je l’ai remboursée, j’ai apporté toute la somme le jour
convenu!
- Comment?
- Mais oui, souvenez-vous! Vous
étiez absorbé, j’ai laissé l’argent sur la table.
- Vous osez prétendre que vous me
l’avez remboursée, que vous l’avez mis sur la table! Non, mon ami, vous ne
m’avez rien rendu! Mais je veux bien attendre encore un petit moment, puisque
cet argent semble vous faire défaut. Seulement, soyez gentil, ne me racontez pas
d’histoires!
- Mais, je ne raconte pas
d’histoires, insiste le petit tailleur ulcéré. Je vous ai remis
l’argent!
- Vous ne m’avez remis aucun
argent: voyez le registre! Vous savez bien que j’efface toujours les dettes
dès qu’elles sont remboursées. Je n’ai jamais reçu d’argent. N’insistez pas!!!
Je vous laisse encore deux semaines, déclare le Rachach. Mais si vous refusez de
rembourser, je vous convoque au Beth Din! La caisse de prêts ne m’appartient
pas, et je ne peux pas accepter de lui laisser perdre une somme
pareille.»
Voyant que toute discussion était
inutile, le tailleur se tait. Il est mortifié.
La parole du tailleur contre celle
du Rachach...
Le tailleur affirmait avoir payé sa
dette mais il n'avait pas de témoin : le Beth Din trancha donc qu'il devait
prêter serment.
Le tailleur, qui savait la vérité, déclara qu’il était
prêt à jurer. Mais le Rachach, certain que le malheureux, dans sa gêne, avait
inventé toute l’histoire, et se rendrait, s’il jurait, coupable d’un parjure,
fut pris de terribles scrupules: comment pouvait-il accepter de laisser un Juif
faire un faux serment, une faute extrêmement grave!
«-Je renonce à recouvrer la somme prêtée, déclara le
Rachach. Je la rembourserai à la caisse de ma propre poche.
-Mais je l’ai payé! Protesta encore une fois le
tailleur. Je suis prêt à le jurer!
- Vous n’avez pas payé! Tant pis… Mais je ne veux pas
que vous juriez! J’abandonne l’affaire!»
Le bruit se répandit bientôt, dans la ville que le Beth
Din avait obligé le tailleur à jurer, mais que le Rachach, ne voulant pas le
pousser à faire un faux serment, avait renoncé à recouvrer son argent. Les
langues, comme on se l’imagine, allèrent aussitôt bon train.
Quelle inpudence de la part du tailleur! Non seulement
il avait osé voler –on voulait bien admettre, à sa décharge, qu’il s’imaginait
sans doute que voler la caisse de bienfaisance ne s’appelait pas vraiment voler-
mais il avait, de plus, osé mettre en doute la parole du Rachach! Comment
avait-il l’audace de soutenir qu’il avait remboursé sa dette, alors que le
Rachach affirmait le contraire? C’était assez fin de sa part, d’ailleursil
était facile de prétendre que le Rachach, absorbé par l’étude, ne l’avait pas
remarqué. Sans doute avait-il espéré, s’il se montrait suffisamment
affirmatif, que le Rachach ne s’en souviendrait pas assez parfaitement pour le
contredire. C’eût été mal connaître le Rachach qui notait toujours tout avec
tellement de soin.
On commença à éviter Rabbi Zalman. Comme toujours dans
un cas de ce genre, quelques personnes zélées, affirment que c’était une mitsva
de ne plus le fréquenter. On déserta sa boutique, on cessa de lui commander des
vêtements… Le tailleur, peut à peu, vit ses affaires péricliter jusqu’à ce qu’il
se retrouve pratiquement sans le sou. Il vendit sa maison pour quitter cette
ville où son nom était devenu tristement célèbre, et alla s’installer dans les
faubourgs. Là, il réussit péniblement à se faire une maigre clientèle, gagnant
tout juste de quoi ne pas mourir de faim.
Les mois et les années passèrent.
N’est-ce pas
la Providence qui décide du moment auquel doit se produire chaque événement
?
Mais voilà qu’un beau jour, le Rachach, au cours de son
étude, eut besoin d’un ouvrage qu’il n’avait pas eu l’occasion de consulter
depuis fort longtemps. Le Rachach avait tiré le gros livre de son rayonnage et
il s’apprêtait à l’ouvrir quand, à sa stupéfaction, une liasse de billet s’en
échappa. Que signifiait cet argent?
En un éclair, toute la scène oubliée
lui revint en mémoire. La question difficile,
l'interruption du tailleur, l'argent distraitement glissé
entre les pages du livre et l'oubli, ensuite...
Mais alors?... Le malheureux tailleur! Il avait parfaitement raison! Et le Rachach qui n’avait même pas voulu le laisser jurer!
On peut aisément imaginer les sentiments qui étouffèrent le Rachach à ce moment. Comment pourrait-il jamais réparer le tort qu’il avait fait au malheureux? Avant tout, il fallait
lui demander pardon. Pour le reste…
Le Rachach s’élança aussitôt pour courir chez le tailleur. Mais celui-ci avait disparu… C’est ainsi que le Rachach apprit que sa situation difficile avait obligé Rabi Zalman à quitter laville. Plus le Rachach en entendait, plus il était bouleversé! Il se rendait compte que c’était un véritable crime qu’il avait commis, et il fallait le réparer! Sans perdre de temps, il s’employa à obtenir la nouvelle du tailleur, et il se mit en route.
- Je vous en supplie, pardonnez-moi! Éclata-t-il en sanglots dès qu’il vit Rabbi Zalman. Vous aviez raison. Vous m’aviez rendu l’argent. Je viens de le retrouver, et je me suis brusquement rappelé de ce qui s’était passé!
- Je ne peux pas vous pardonner! répondit Rabbi Zalman avec embarras. Comment pourrais-je prétendre que je vous pardonne? Par votre faute, j’ai perdu ma réputation, j’ai perdu mes clients et je suis devenu la risée de la ville. Savez-vous quels noms on me donne: voleur… brigand… menteur…
- Pourrai-je tout simplement vous pardonner, à présent, parce que vous avez fini par vous souvenir que je vous ai rendu l’argent? Vous avez raison… admit pensivement le Rachach. Je vais passer dans toutes les synagogues et les maisons d’étude de la ville pour réparer mon erreur! Je vais annoncer partout que c’est moi qui m’étais trompé! Cela ne servirait à rien répéta
le tailleur en hochant la tête Que diront les gens? Que le Rachach, qui a
bon cœur, a eu pitié du pauvre tailleur! Pour ramener à celui-ci sa
clientèle perdue et assurer son gagne pain, il a décidé d s’accuser lui-même.
Mais, diront-ils, nous savons bien ...la vérité…»
Force fut au Rachach d’admettre
que le tailleur avait raison. Que faire, alors? Le Rachach sentait qu’il
n’aurait pas de repos tant qu’il n’aurait réparé son terrible tort. Il fallait
trouver quelque chose!
«- J’ai une idée!
Vous avez un fils, n’est-ce pas? Moi, j’ai une fille! Je suis
certain que si votre fils devenait mon gendre, plus personne n’oserait plus prétendre
que je vous donne raison simplement par pitié Tous seront obligés d’admettre
que si j’accepte de conclure un mariage entre nous, la vérité est bien telle
que je la si, et que vous êtes un homme d’une honnêteté qui n’aurait jamais dû être
mise en cause!...
- J’accepte, fit le tailleur, les
yeux brouillés de larmes d’émotion. Dans ce cas, j’accepte de vous pardonner!»
C’est ainsi que le fils de Rabbi
Zalman, le petit tailleur, devint le gendre du Rachach, le Grand de la génération.
Quarante jours avant la naissance
d’un enfant, disent nos Sages, une voix dans le ciel, déclare: «La
fille d’Untel est destinée à Untel!»
Par conséquent, ajoute Rabbi
Schwadron, la fille du Rachach était de toute évidence destinée à devenir l’épouse
du fils du tailleur! Oui, mais… : le tailleur était… un tailleur, le Rachach était le Grand de la
génération!
Comment
un mariage entre eux aurait-il seulement pu être
envisagé ?

Comment?
Ne savez-vous pas
que les voies de la Providence sont innombrables, et qu’elles sont imprévisibles!
Le tailleur irait peut-être emprunter de l’argent et le Rachach, contrairement
à toute éventualité, oublierait d’inscrire que le prêt avait été rendu…
Vous connaissez la suite.
Nous ne prétendons pas
interpréter des évènements qui, certes, nous dépassent… Nous ne
faisons, au
contraire, que raconter une suite d’incidents qui, en réalité, parlent
d’eux-mêmes...
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